Plantés dans le roc, les sièges attirent passants et touristes
Paru le 01 Juillet 2008 dans le 24Heures par Arnold BURGHERR
VEVEY | 00h15 Les douze chaises installées sur les rives font depuis un an le bonheur des amateurs de lecture ou de bronzette. Leur concepteur en a vendu dix à la commune et espère séduire d’autres villes.
Raphaël DELESSERT
LE CONCEPTEUR Pierre Decosterd sur les chaises de son invention, arrimées face au panorama. «Il y a deux ans, je m’étais dit qu’on n’était jamais bien assis sur ces cailloux. Peu de gens savent que ces sièges peuvent pivoter sur 360 degrés.» VEVEY, LE 30 JUIN 2008
Baptisés «cosses», ces sièges affichent un nom et des courbes évoquant l’enveloppe d’un petit pois. Et leurs rondeurs ont déjà convié des milliers de promeneurs à poser leurs fesses au bord du lac. «On s’y assied quand on a un peu la cosse», résume en souriant le municipal veveysan Jérôme Christen. Douze chaises de ce type sont plantées dans autant de rochers en contrebas des quais de la ville. Ils ont tous été imaginés et façonnés par Pierre Decosterd, fonctionnaire cantonal aussi doué avec un marteau qu’avec un stylo. «On n’est jamais bien assis sur ces cailloux au bord du lac», s’est dit un beau jour de 2006 ce grand amateur de baignades, avant d’empoigner ses outils. Après le béton, le plastique et le chêne A des prototypes en béton «peu résistants et très sensibles à la température» ont succédé des sièges en plastique, créés en collaboration avec la société Vitra et installés en juin 2007. «C’était à mes frais et avec l’autorisation de la commune», précise Pierre Decosterd. Dotées d’un support en acier inox, les chaises sont munies d’une douille scellée dans le rocher. Le succès est immédiat. Promeneurs et touristes au pied sûr sont nombreux à braver les grosses pierres pour s’asseoir les pieds dans l’eau, ou presque. Un astucieux système permet de pivoter sur 360 degrés suivant son humeur et le cycle solaire: idéal pour papoter, bronzer, lire son journal ou admirer le Grammont. Conquises, les autorités veveysannes ont accepté d’acquérir dix sièges. «Un montant de 10?000 francs était prévu au budget pour cet achat», relate Marcel Martin, municipal des Espaces publics. Selon lui, tant «l’aspect artistique» que le succès populaire remporté par les chaises ont suscité l’adhésion. «Sans compter qu’on se parle plus facilement ainsi que lorsqu’on est alignés sur un banc.» Pas d’intérêt pour l’heure dans la ville du Jazz On trouve aujourd’hui cinq «cosses» de plastique devant la bibliothèque communale et sept autres, en lattes de chêne, face à la fameuse fourchette de 8 mètres fichée dans le lac. Pierre Decosterd espère en arrimer d’autres le long de rivières, à la montagne ou sur d’autres rives lémaniques. Mais ni La Tour-de-Peilz ni Montreux, communes voisines, n’ont, pour l’heure, manifesté leur intérêt. On connaît pourtant plus d’un festivalier qui, dans la ville du Jazz, serait ravi d’échapper à la foule du quai de Vernex l’espace de quelques minutes pour déguster une petite mousse ou un plat de nouilles chinoises. www.cosse.ch pamdecost@bluewin.ch



